Critique | Knock at the cabin : les Quatre Cavaliers de l'Apocalypse (2024)

Avec Knock at the Cabin, M. Night Shyamalan signe sûrement, et de loin, sa meilleure œuvre depuis Signes, et ce malgré un très honorable Split. Une notable différence se remarque par rapport à ses précédentes productions, avec une intention claire de sortir des schémas habituels, et ainsi aller vers un genre que le réalisateur américain n’avait pas encore exploré. Plus de fantastique et d’histoires à la lisière du nanar, mais place à un thème apocalyptique. En innovant audacieusem*nt, quitte à changer son mode de pensée cinématographique, le cinéaste surprend, là où on ne l’attendait pas, avec ce film d’une parfaite maîtrise, au scénario achevé, où le spectacle apocalyptique se trouve associé à une juste réflexion philosophique sur l’humanité. Film plus abouti, plus dense également, Knock at the Cabin est-il l’exemple d’un cinéaste qui se réinvente avec succès ? Probablement, et M. Night Shyamalan prouve ses compétences, en atteignant ici une forme de maturité artistique.

Au fin fond de la forêt, dans un chalet confortable, deux pères, Eric et Andrew, et leur fille, Wen, se retrouvent confrontés à un groupe de personnes croyant à une apocalypse imminente. Pour empêcher les fléaux, la petite famille tranquille doit accepter un sacrifice, sinon l’humanité s’éteindra.

Film plus abouti, plus dense également, Knock at the Cabin est-il l’exemple d’un cinéaste qui se réinvente avec succès ? Probablement, et M. Night Shyamalan prouve ses compétences, en atteignant ici une forme de maturité artistique.

Dans une nature luxuriante et verdoyante, Wen rencontre Léonard (Dave Bautista). Les premières minutes sont cruciales pour la compréhension. Ainsi, nous comprenons rapidement que ces échanges bienveillants ne sont qu’un prétexte pour procéder ensuite à la séquestration de cette famille sans histoire. En l’espace de quelques scènes seulement, Shyamalan réussit son introduction, plantant le décor d’une rencontre qui va se révéler aussi terrifiante que fascinante.

Terrifiante, voici le bon mot pour décrire la première partie de ce film, où nous voyons ce chalet être le lieu d’une véritable effraction, d’une prise d’otages effectuée par ce que l’on pourrait appeler des survivalistes dérangés. Un sentiment de thriller se diffuse dans l’esprit du spectateur, se transformant progressivement en un huis clos étouffant. Le réalisateur étonne, avec une maîtrise permanente de la tension psychologique, une histoire qui tient la route, et surtout la présence de ces personnages à la limite du sectarisme et du fanatisme. Shyamalan sait manier les ficelles du thriller (on l’a vu dans Split). Dans Knock at the Cabin, il le mélange efficacement avec une ambiance apocalyptique, dans laquelle une famille se trouve prise au piège dans ce chalet isolé. Le scenario entretient d’abord le mystère autour de cette bande de personnes semblant illuminées, croyant à une fin du monde imminente. Peu d’informations sont données sur les contours des différentes personnalités, mais leur fanatisme exacerbé en fait des protagonistes aussi inquiétants que déroutants. Pris dans la spirale d’une écriture tendue et angoissante, on s’immerge facilement dans un récit qui a, dans un premier temps, tous les éléments constitutifs d’un bon thriller classique. Le scénario insiste bien sur cette violente opposition, paraissant déséquilibrée, entre les deux groupes. Cependant, il s’en échappe assez habilement, pour dériver ensuite vers un climat d’apocalypse. Knock at the Cabin est en réalité un film sur les dangers des cataclysmes, des fléaux, des maladies, de la peur d’une extinction de la race humaine. On se rend ainsi compte que cette séquestration a un objectif bien plus humain, celui de sauver l’humanité d’une fin inéluctable. Shyamalan diffuse t-il un message alarmiste ? Peut-être, et, contre toute attente, ces protagonistes sont des messagers ou des sortes de Cavaliers de l’Apocalypse.

Malgré cet affrontement et une atmosphère malaisante qui en disent toutefois long sur le destin de notre espèce, une sensation de voir un message plus optimiste et enthousiaste se profile. En effet, Knock at the Cabin résonne comme un appel à l’aide, à la solidarité, à la fraternité, face aux possibles tragiques événements. Est-ce une façon de dire qu’une solution est envisageable ? Oui, mais ce film dégage surtout le sentiment de voir le monde d’une manière différente, et qu’un simple sacrifice sauve mille vies. En décrivant cette famille composée de deux pères et d’une petite fille, Shyamalan pulvérise les barrières de l’hom*ophobie, démontrant alors qu’un monde plus juste, égalitaire, n’est plus une utopie. Cet univers familial atypique apparaît aussi attachant et plein d’espoir pour les sociétés. Ce microcosme décrit dans ce film sert d’exemple pour la construction d’un monde meilleur… Comme si l’apocalypse annoncée n’était que le début d’une nouvelle ère pour les humains.

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RÉALISATEUR : M. Night ShyamalanNATIONALITÉ : États-UnisGENRE :  ThrillerAVEC : Dave Bautista, Jonathan Groff, Rupert Grint, Kristen Cui, Ben AldridgeDURÉE : 1h40DISTRIBUTEUR : Universal Pictures FranceSORTIE LE 1er février 2023
Critique | Knock at the cabin : les Quatre Cavaliers de l'Apocalypse (2024)
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Author: Errol Quitzon

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